Le diagnostic du TDAH chez l’adulte
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement qui apparaît dans l’enfance, et dont les manifestations évoluent au fil de la vie.
S’il n’a pas été repéré pendant l’enfance, le TDAH peut n’être découvert qu’à l’âge adulte !
Un diagnostic parfois posé à l’âge adulte (1,2)
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement qui apparaît dans l’enfance, et dont les manifestations évoluent au fil de la vie. S’il n’a pas été repéré pendant l’enfance, le TDAH peut n’être découvert qu’à l’âge adulte !
Ainsi, parmi les adultes présentant un TDAH, on retrouve à la fois :
- Des personnes diagnostiquées au cours de l’enfance, et dont le TDAH persiste à l’âge adulte, soit sous sa forme complète soit dans une forme atténuée, avec la prolongation de certains symptômes.
- Ainsi que des personnes diagnostiquées pour la première fois à l’âge adulte.
Ce diagnostic « tardif » de TDAH est assez fréquent, et peut s’expliquer selon les experts :
- soit par un défaut de diagnostic – et donc de prise en charge – au cours de l’enfance, malgré des difficultés potentiellement importantes,
- soit par une capacité élevée de l’enfant à compenser ses troubles, grâce notamment à un niveau intellectuel supérieur et/ou à un bon entourage familial. Les difficultés apparaissant plus tard dans la vie à l’occasion d’évènements de vie plus « exigeants », comme une promotion professionnelle ou l’arrivée d’un enfant.
Des études récentes ont démontré que le TDAH pouvait être présent également chez les personnes âgées. Une étude menée aux Pays-Bas a révélé une fréquence du TDAH d’environ 2,8 % chez les adultes plus âgés (60 ans ou plus). (3)

Votre enfant a un TDAH, et vous ?
Il semble y avoir une composante héréditaire dans le développement du TDAH. Ainsi, lorsqu’un TDAH est découvert chez un enfant, il n’est pas rare de retrouver un TDAH chez l’un des 2 parents…
Comment se manifeste le TDAH chez l’adulte ? (1–3)
Le TDAH est caractérisé par l’association de symptômes d’inattention, d’hyperactivité et/ou d’impulsivité dont l’expression chez l’adulte peut être différente de celle observée chez l’enfant. En effet, le « visage » du TDAH évolue avec le temps. Chez l’enfant, les signes d’hyperactivité et d’inattention sont les plus fréquents, l’enfant a du mal à se concentrer et à terminer une tâche, l’enfant peut être agité, bouger tout le temps, ne pas tenir en place ; et il est parfois impulsif, c’est-à-dire qu’il répond et agit avant de réfléchir, sans évaluer les conséquences de ses actes. (4) A l’adolescence, les troubles de l’attention sont stables et se manifestent par un comportement rêveur, des problèmes d’organisation et de motivation. Les symptômes d’impulsivité et d’hyperactivité diminuent à l’adolescence. (5)
A lire aussi : Le TDAH chez l’enfant


Chez l’adulte TDAH, les experts distinguent trois profils typiques :
- inattention prédominante,
- hyperactivité/impulsivité prédominantes,
- et la présentation combinée des deux profils ci-dessus (la plus fréquente).
Globalement, une amélioration de la dimension « hyperactivité/impulsivité » est souvent observée au fil des années mais les difficultés attentionnelles persisteraient de manière plus constante. Les adultes présentant un TDAH détestent souvent les tâches laborieuses et peu stimulantes et les remettent volontiers à plus tard (ce sont des champions de la procrastination !), alors qu’ils rencontrent moins de difficultés à s’investir dans des activités nouvelles, stimulantes et plaisantes. (1)
Certaines personnes peuvent présenter des symptômes du TDAH atténués, en développant des capacités d’adaptation ; s’exprimeront alors de façon prédominante d’autres signes, tels qu’une nervosité mentale et physique, des troubles du sommeil, une instabilité émotionnelle ou encore une addiction.


Ces autres troubles associés au TDAH (on appelle ça des « comorbidités ») sont assez fréquents : on les retrouve chez 1 adulte sur 4 présentant un TDAH. Il s’agit notamment des : troubles anxieux (34 %), troubles de l’humeur (22 %), troubles de la personnalité, troubles addictifs (11 %), troubles du comportement (15 %) et troubles du sommeil. (2) Il est important de dépister ces comorbidités et de les prendre en charge.
Les difficultés liées au TDAH sont durables dans le temps et parfois subtiles. L’adulte peut ne pas s’en rendre compte, d’où l’importance de l’entourage familial pour orienter la prise en charge. (1)
Références
1. Weibel S, et coll. Practical considerations for the evaluation and management of Attention Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD) in adults. L’Encephale. févr 2020;46(1):30‑40.
2. Haute Autorité de Santé • Trouble du neurodéveloppement/ TDAH : Repérage, diagnostic et prise en charge des adultes • novembre 2021. Disponible sur: https://www.has-sante.fr/jcms/p_3302480/fr/trouble-du-neurodeveloppement/-tdah-reperage-diagnostic-et-prise-en-charge-des-adultes-note-de-cadrage
3. The World Federation of ADHD Guide. 2019. Disponible en téléchargement sur : https://www.adhd-federation.org/publications/adhd-guide.html
4. Assurance Maladie – Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité de l’enfant (TDAH) : https://www.ameli.fr/paris/assure/sante/themes/trouble-deficit-attention-hyperactivite-tdah/comprendre-tdah
5. Aquaviva E. et coll. : Évolution du TDAH : quels changements à l’adolescence ? https://www.clepsy.fr/tdah-evolution-adolescence/


